Erlkönig – Le Roi des Aulnes, Franz Schubert

Voici un enregistrement du Roi des Aulnes :

Cet enregistrement a été réalisé avec Gianni Gambardella au piano en mars 2013.

Le Roi des Aulnes

Ce Lied fondamental de Schubert a été composé en octobre 1815 et publié pour la première fois dès 1821. La version de Franz Schubert est une des multiples adaptations du texte que Goethe a écrit en 1782. En effet, Goethe avait horreur qu’on mette en musique ses poèmes, et pourtant cette pièce maîtresse a été adaptée à de multiples reprises par les contemporains de Goethe et jusqu’à Schubert, en 1815. La version de Schubert est considérée comme la plus théâtrale.

Ce Lied raconte comment le Roi des Aulnes, Erlkönig, séduit l’enfant que transporte le père à travers la forêt, et comment il finit par l’emporter avec lui. Cette histoire semble être un reflet direct des démons qui peuplent sans cesse l’inconscient allemand ; le danger est sérieux et latent. Le Roi des Aulnes est interprétée comme la Mort personnifiée, avec sa grande faux.

La voix du chanteur incarne tour à tour quatre personnages :

  • Le narrateur (“Qui galope si vite…?”) ;
  • L’enfant (“Mon père, mon père !”) ;
  • Le père (“Mon fils, ce n’est que le vent”) ;
  • Le Roi des Aulnes (“Cher petit enfant, viens avec moi !”).

Fait mémorable, Erlkönig a été exporté en Italie, ce qui s’est transformé en un être contorsionné, bizarre et drôle : c’est Arlequin !

Texte et traduction

Wer reitet so spät durch Nacht und Wind ?
Es ist der Vater mit seinem Kind.
Er hat den Knaben wohl in dem Arm,
Er fasst ihn sicher, er hält ihn warm.

Mein Sohn, was birgst du so bang dein Gesicht ? –
Siehst Vater, du den Erlkönig nicht !
Den Erlenkönig mit Kron’ und Schweif ? –
Mein Sohn, es ist ein Nebelstreif. –

„Du liebes Kind, komm geh’ mit mir !
Gar schöne Spiele, spiel ich mit dir,
Manch bunte Blumen sind an dem Strand,
Meine Mutter hat manch gülden Gewand.“

Mein Vater, mein Vater, und hörest du nicht,
Was Erlenkönig mir leise verspricht ? –
Sei ruhig, bleibe ruhig, mein Kind,
In dürren Blättern säuselt der Wind. –

„Willst feiner Knabe du mit mir geh’n ?
Meine Töchter sollen dich warten schön,
Meine Töchter führen den nächtlichen Reihn,
Und wiegen und tanzen und singen dich ein.“

Mein Vater, mein Vater, und siehst du nicht dort
Erlkönigs Töchter am düsteren Ort ? –
Mein Sohn, mein Sohn, ich seh’ es genau,
Es scheinen die alten Weiden so grau. –

„Ich liebe dich, mich reizt deine schöne Gestalt,
Und bist du nicht willig, so brauch ich Gewalt !“
Mein Vater, mein Vater, jetzt fasst er mich an,
Erlkönig hat mir ein Leids getan. –

Dem Vater grauset’s, er reitet geschwind,
Er hält in Armen das ächzende Kind,
Erreicht den Hof mit Mühe und Not,
In seinen Armen das Kind war tot.
Qui chevauche si tard à travers la nuit et le vent ?
C'est le père avec son enfant.
Il porte l'enfant dans ses bras,
Il le tient ferme, il le réchauffe.

« Mon fils, pourquoi cette peur, pourquoi te cacher ainsi le visage ?
Père, ne vois-tu pas le roi des Aulnes,
Le roi des Aulnes, avec sa couronne et ses longs cheveux ?
— Mon fils, c'est un brouillard qui traîne.

— Viens, cher enfant, viens avec moi !
Nous jouerons ensemble à de si jolis jeux !
Maintes fleurs émaillées brillent sur la rive ;
Ma mère a maintes robes d'or.

— Mon père, mon père, et tu n'entends pas
Ce que le roi des Aulnes doucement me promet ?
— Sois tranquille, reste tranquille, mon enfant :
C'est le vent qui murmure dans les feuilles sèches.

— Gentil enfant, veux-tu me suivre ?
Mes filles auront grand soin de toi ;
Mes filles mènent la danse nocturne.
Elles te berceront, elles t'endormiront, à leur danse, à leur chant.

— Mon père, mon père, et ne vois-tu pas là-bas
Les filles du roi des aulnes à cette place sombre ?
— Mon fils, mon fils, je le vois bien :
Ce sont les vieux saules qui paraissent grisâtres.

— Je t'aime, ta beauté me charme,
Et, si tu ne veux pas céder, j'userai de violence.
— Mon père, mon père, voilà qu'il me saisit !
Le roi des aulnes m'a fait mal ! »

Le père frémit, il presse son cheval,
Il tient dans ses bras l'enfant qui gémit ;
Il arrive à sa maison avec peine, avec angoisse :
L'enfant dans ses bras était mort.

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